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Intérieur joie

Texte et stylisme : Hélène Lahalle - Photographies : Marine Boutron

D'un appartement haussmannien immaculé jouxtant la tour Eiffel, la Franco-Grecque Elise Tsikis, créatrice du label de bijoux éponyme, a fait une bulle accueillante et solaire, à son image. Un élégant cocon aux teintes sourdes où ricochent les éclats de rire de la fille Lyha.

Pour s'ancrer dans la capitale parisienne dont elle avoue être follement amoureuse, Elise a choisi le quartier du Gros-Caillou, séduite par ses rues calmes et la proximité de la tour Eiffel : "Je voulais de l'haussmannien typique, avec parquet qui grince, moulures et cheminée, mais aussi une vue dégagée. Au départ, je cherchais dans le 6e arrondissement, mais un jour où j'allais visiter rue de Grenelle, j'ai traversé le 7e et la rue Cler, piétonne, et j'ai eu un véritable coup de coeur pour elle. Deux jours après, j'ai vu une annonce parlant d'un quatrième étage avec vue sur la tour Eiffel. J'ai fais des pieds et des mains pour visiter cet appartement et je ne l'ai plus quitté." Un quarantaine de mètres carrés investis il y a un peu plus d'un an qu'Elise s'est rapidement appropriée : "L'agencement étant très bien pensé, j'ai tout de suite vu comment y apporter ma patte sans réaliser beaucoup de travaux, juste un peu de peinture et quelques aménagements J'ai dégondé des portes pour ouvrir certaines pièces et mis de la couleur sur les murs." Des teintes sourdes au fini mat qu'Elise a choisies pour la pointe de noir qu'elles contiennent et qui leur confère un petit côté vintage. Elle aime la profondeur de ces tons réconfortants, qui la font se sentir comme dans un cocon chaleureux et enveloppant. "Dans la cuisine, j'ai posé une crédence et changé les façades des portes, auxquelles j'ai ajoutées des poignées en céramique. Et enfin, j'ai aménagé un grand dressing dans la chambre, dissimulé derrière un jeu de rideaux colorés."

La Grèce au coeur
Cette bulle qu'elle a créée sur-mesure pour Lyha et elle, Elise veut que la petite fille s'y sente bien, le duo ayant déménagé plusieurs fois avant de s'installer ici. La créatrice, elle, a grandi dans la Loire. Venue à Paris pour étudier à la Chambre syndicale de la couture, elle a ensuite fait ses classes de styliste chez Dior, Jacadi, puis Massimo Dutti à Barcelone, avant de revenir en France fonder Elise Tsikis. Grecque par son père et française par sa mère, cette âme voyageuse et ouverte sur le monde se nourrit depuis toujours de cette double culture, qu'elle a d'ailleurs imprimée à son label éponyme à la consonance aussi hellénique qu'hexagonale. Une dualité qui l'inspire au quotidien : " Que se soit du côté Tsikis, grande famille aux membres très proches et soudés, que du côté de ma mère où j'ai été éduquée dans le partage et dans l'échange, chacun m'a transmis à sa manière le besoin d'évoluer dans une atmosphère accueillante et chaleureuse, que j'essaie de conférer à mon intérieur comme à mon atelier ou ma boutique, où j'aime que les clientes se sentent les bienvenues." 

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 Créée il y a six ans, la marque compte en effet une boutique et un atelier, d'où sortent les bijoux d'Elise, dont la teneur et la texture ont à voir elles aussi avec ses racines grecques : "Je ne suis pas attirée par les bijoux trop lisses. J'aime qu'ils soient granuleux, imparfaits, asymétriques, qu'ils aient des aspérités. Je crois que ça a un rapport avec le côté brut de la Grèce, les façades à la chaux, l'artisanat." Pour cette instinctive à la sensibilité exacerbée, le choix de façonner des bijoux s'est imposé comme une évidence, attirée par l'approche sensorielle inhérente à leur confection. Autodidacte, c'est de manière organique et artisanale qu'Elise construit et sculpte ses collections sans les dessiner au préalable, désireuse de travailler des matières et des couleurs qu'elle voit évoluer sous ses yeux grâce à l'intelligence de la main.

Les émotions pour guide

Une main guidée par ses inspirations multiples, et par ses émotions, toujours, tout comme la décoration de son appartement : "J'aime mélanger des choses plus brutes. J'aime le contraste entre des choses modernes, comme les illustrations de Léa Maupetit encadrées dans la cuisine, mariées à des pièces plus anciennes ou rapportées de voyage. Pour les objets, je marche au coup de coeur et ensuite je les garde des années ! Je chine de l'ancien mais je peux aussi acheter du neuf, comme ma petite table en mosaïque que j'adore. Je fonctionne à l'envie." Et si cette artisane du beau aime la décoration, elle avoue ne pas accorder trop d'importance aux objets, dont elle apprécie l'esthétique, amis auxquels elle n'est pas attachée : "En plus, je suis très maladroite, donc je casse pas mal de choses ! J'attache plus d'importance à l'humain et aux moments de vie qu'aux objets..." Elle prêt en revanche beaucoup d'attention à l'éclairage, celui-ci allant de pair avec l'ambiance chaleureuse qui lui est chère :" J'aime qu'on se sente bien chez moi. J'aime les lumières indirectes et posées dans les coins, avoir plusieurs sources différentes d'intensité, et j'adore les guirlandes lumineuses pour leur côté enfantin et joyeux."

 

Et quand enfin on la questionne sur la provenance des toiles abstraites présentes dans l'appartement, on apprend que c'est Elise elle-même qui s'adonne à la peinture : "Je peins souvent le dimanche, quand Lyha est chez son papa. Je travaille la matière et les nuances, les volumes et la lumière. Je pars de teintes très claires auxquelles j'ajoute par subtilité des touches de couleurs." Une nouvelle preuve s'il en fallait, qu'en matière de créativité, Elise a définitivement la main.